
Commissariat de la CEEAC : Yaoundé opte pour le portefeuille du genre porté par la diplomate Nelly Banaken Elel
(Investir au Cameroun) – A Malabo, les 16 et 17 janvier 2026, les ministres des Affaires étrangères des onze États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) se sont réunis pour désigner les cinq commissaires de l’organisation. Les travaux, conduits à huis clos et non sanctionnés par un communiqué officiel, ont donné lieu à d’intenses tractations diplomatiques. Selon des sources autorisées consultées par Investir au Cameroun, Yaoundé a finalement choisi de se positionner sur le portefeuille de la Promotion du genre, du développement humain et social, défendu par la diplomate camerounaise Nelly Banaken Elel.
Ce choix met fin à plusieurs semaines d’arbitrage sensible à Yaoundé. Dans le sérail, une partie de la diplomatie au secrétariat général à la présidence plaidait pour maintenir la candidature du Cameroun au portefeuille du Marché commun, des Affaires économiques, monétaires et financières, présenté comme le plus stratégique dans l’architecture communautaire. Neuf des quinze objectifs du Traité révisé de la CEEAC relèvent directement de l’intégration économique et monétaire, ce qui confère à ce commissariat un rôle central dans le pilotage de l’institution.
Pour ce poste, le Cameroun avançait un profil de premier plan : Jacob Kotcho Bongkwaha, docteur en économie et actuel directeur du Marché commun à la CEEAC. Il est arrivé premier sur 52 candidats lors de l’évaluation conduite par le cabinet Mazars. Yaoundé, par la voix de Lejeune Mbella Mbella, ministre des Relations extérieures, a toutefois privilégié une lecture jugée plus politique que technique. Le portefeuille a été attribué à l’Angolaise Oluimo Diai Tavira da Silva, pourtant troisième selon l’évaluation de Mazars.
Un renoncement qui surprend
Le choix final a surpris dans la région, le Cameroun renonçant à un portefeuille économique majeur. « Le portefeuille du Marché commun correspond parfaitement aux ambitions du Cameroun, qui aspire depuis plusieurs années à jouer un rôle de puissance pivot dans la région : stabilité politique, ambition industrielle et diversification économique progressive », soulignaient des diplomates. « À ce poste, le titulaire pilote l’intégration commerciale, la convergence macroéconomique, les mécanismes de coopération financière et l’éventuelle union monétaire. »
Quoi qu’il en soit, cette décision ouvre à Nelly Banaken Elel un mandat communautaire susceptible de renforcer son profil, et de préparer une candidature à des postes plus élevés au sein de la CEEAC, dont la présidence de la Commission. En vertu du principe de rotation, ce poste devrait revenir au Cameroun dès 2030, année marquant la fin du mandat du Burundais, le Dr Ezéchiel Nibigira.
Diplomate expérimentée, ministre plénipotentiaire et première conseillère à la Mission permanente du Cameroun auprès des Nations unies, Nelly Banaken Elel dispose d’un parcours déjà reconnu. En juin 2023, elle a été élue vice-présidente de la troisième commission de l’Assemblée générale des Nations unies, en charge des questions sociales, humanitaires et culturelles, une responsabilité qui renforce sa crédibilité institutionnelle.
Le sommet des chefs d’État devra valider prochainement la composition définitive de la Commission de la CEEAC, après les arbitrages intervenus à Malabo.

