
Le groupe chinois Zijin mise 4 milliards $ sur l’or ouest-africain
Zijin Gold International est une filiale détenue à 100 % par le groupe chinois Zijin Mining, créée pour regrouper et piloter l’ensemble de ses projets aurifères situés hors de Chine. Ce portefeuille d’actifs répartis sur plusieurs continents, comprend notamment la mine d’or d’Akyem, au Ghana.
Zijin Gold International, filiale du groupe minier chinois Zijin Mining, a conclu un accord pour le rachat de la compagnie canadienne Allied Gold, dans le cadre d’une transaction évaluée à environ 5,5 milliards de dollars canadiens (environ 4 milliards USD). Annoncée ce lundi 26 janvier, l’opération doit permettre à l’entité d’élargir sa présence dans le secteur aurifère africain, jusqu’ici limitée à la mine ghanéenne Akyem, à d’autres pays, notamment la Côte d’Ivoire et le Mali.
Selon les termes de l’accord, Zijin Gold International prévoit l’acquisition de 100 % du capital d’Allied Gold au prix de 44 dollars canadiens par action en circulation. La transaction reste soumise à plusieurs conditions réglementaires, notamment l’approbation des actionnaires d’Allied Gold. À cette fin, une Assemblée générale spéciale doit être convoquée pour se prononcer sur l’opération. Les deux parties visent une finalisation du rachat d’ici la fin avril.
Des intérêts qui se rejoignent
Zijin Gold International est une société créée en 2025 pour regrouper et gérer les projets aurifères détenus par Zijin Mining hors de Chine. Son portefeuille comprend notamment la mine d’Akyem, ainsi que sept autres actifs répartis sur plusieurs continents, dont l’Amérique du Sud. La procédure de rachat engagée sur Allied Gold constitue ainsi sa première opération de croissance externe, avec un focus sur l’Afrique. Si elle aboutit, la transaction lui permettrait en effet de mettre la main sur un portefeuille composé des mines ivoiriennes Agbaou et Bonikro, de la mine malienne Sadiola, ainsi que du projet Kurmuk, en phase de développement en Éthiopie.
« Allied Gold a constitué et développé avec succès un portefeuille d’actifs aurifères de grande envergure et à longue durée de vie, présentant un fort potentiel d’expansion. En tant que futurs propriétaires, nous nous réjouissons de collaborer avec les parties prenantes en Éthiopie, au Mali et en Côte d’Ivoire, afin de poursuivre le développement de ces opérations […]. Cette acquisition s’inscrit dans notre stratégie d’acquisition d’actifs aurifères de haute qualité et renforce notre présence en Afrique », a déclaré Hongfu Lin, président de Zijin Gold.
Selon les projections d’Allied Gold, ce portefeuille d’actifs pourrait atteindre une production cumulée de 800 000 onces d’or d’ici 2029, portée par les travaux d’optimisation des mines existantes, dont Sadiola, et par la mise en service attendue du projet Kurmuk en 2026. La réalisation de cet objectif marquerait une forte progression par rapport aux niveaux actuels de production, plafonnés à environ 400 000 onces d’or en 2025. Pour soutenir cette trajectoire de croissance, la compagnie avait indiqué être à la recherche d’un partenaire stratégique, capable de contribuer au financement de ses projets d’expansion.
Notons que cette transaction survient aussi dans un contexte de marché haussier prolongé pour l’or, dont le prix a franchi cette semaine et pour la première fois de son histoire, le seuil des 5000 USD l’once. Une conjoncture qui coïncide jusqu’ici avec l’annonce de nouveaux investissements dans le métal jaune, comme l’illustre la procédure de rachat lancée par le chinois Chengtun Mining sur Loncor Gold, opérateur du projet Adumbi en République démocratique du Congo.
Les prochaines semaines permettront de suivre l’évolution de l’opération sur Allied Gold, et d’observer les objectifs de Zijin Gold dans le cadre de ses ambitions africaines. Il faudra également surveiller la perception de cette acquisition dans les pays concernés, notamment au Mali où l’État multiplie depuis plusieurs années les initiatives visant à renforcer son rôle dans la gestion des ressources nationales.
(Agence Ecofin)

