
Burkina Faso : souveraineté énergétique boostée avec 170 MW à Pabré et Ouaga
Une réponse rapide à la demande et un jalon pour l’avenir
Le déploiement combiné de ces deux projets marque un tournant pour la région du Centre et l’économie nationale. La stratégie gouvernementale s’articule autour de deux axes prioritaires :
- La mise en service immédiate de la centrale thermique de Pabré (50 MW) pour soulager les tensions sur l’offre actuelle d’électricité.
- La pose de la première pierre du complexe de Ouaga Sud-Est (120 MW), qui constituera l’un des piliers de la production thermique nationale à moyen terme.
Les autorités et la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) comptent sur ce double ancrage technologique pour réduire la dépendance vis-à-vis des importations d’électricité régionales et sécuriser l’alimentation des zones urbaines et périurbaines.
Mobilisation populaire autour du développement
Pour célébrer ce jalon industriel, les populations de Pabré et des communes avoisinantes sont conviées par les autorités locales à la cérémonie officielle dès 9 heures. Cet événement conjoint matérialise le démarrage effectif de la centrale de Pabré et les premiers travaux de terrassement du site de Ouaga Sud-Est, illustrant la politique de grands travaux énergétiques menée par l’exécutif pour accompagner le Plan national de développement.
L’Analyse IBA
L’injection combinée de 170 MW à terme dans le réseau burkinabè traduit une volonté manifeste de pragmatisme économique. Dans le contexte géopolitique actuel du Sahel, marqué par la quête d’autonomie des États de l’AES, la souveraineté énergétique n’est plus un concept théorique mais un impératif de sécurité nationale. Si le recours au thermique permet de répondre en urgence au déficit criant et de stabiliser le réseau de base (base-load), le grand défi du Burkina Faso restera l’équilibre de son mix énergétique à long terme. Le coût élevé des intrants fossiles pour faire tourner ces centrales pèsera inévitablement sur la balance commerciale et les finances publiques. Néanmoins, en renforçant ses capacités de production propres, Ouagadougou réduit sa vulnérabilité stratégique vis-à-vis des importations transfrontalières, tout en posant le socle d’infrastructures indispensables pour attirer les investissements dans la transformation locale des matières premières.

