
Batteries électriques en RDC : ce que Trump peut changer aux plans de Kinshasa
La RDC évalue à 30 milliards de dollars l’investissement nécessaire pour un projet de batteries pour véhicules électriques, exploitant le potentiel national en cuivre et cobalt. Dans le cadre de cette initiative, Kinshasa a signé en 2022 un protocole d’accord avec les États-Unis et la Zambie.
La RDC a lancé fin mars les travaux d’aménagement de la zone économique spéciale devant abriter le futur site de production de précurseurs de batteries et de batteries pour véhicules électriques. À travers un protocole d’accord signé fin 2022, les États-Unis ont promis d’accompagner cette initiative par un soutien technique ou financier. L’élection de Donald Trump (photo) à la Maison-Blanche et la politique qu’il mène actuellement en matière d’approvisionnement en minéraux critiques pourraient néanmoins changer la donne.
Depuis son investiture en janvier dernier, le président américain Donald Trump a pris des mesures visant à renforcer l’approvisionnement américain en minéraux critiques directement à partir de sources locales. Cela inclut la signature d’un décret qui mobilise des pouvoirs d’urgence pour accélérer la production domestique de minéraux critiques. Cette nouvelle stratégie priorise l’extraction et le traitement de matières premières comme le cuivre, au détriment des segments en aval tels que la production de batteries et de véhicules électriques.
L’administration américaine a par exemple suspendu la distribution des fonds de l’Inflation Reduction Act (IRA), initialement destinés à soutenir des chaînes de valeur internationales pour les batteries et véhicules électriques, afin de réévaluer leur utilisation en fonction des nouvelles priorités politiques. L’objectif affiché est de garantir que ces fonds soutiennent en priorité la production nationale de minéraux critiques, plutôt que des initiatives étrangères.
Cela pourrait remettre en cause l’engagement initial des États-Unis envers la chaîne de valeur des batteries en RDC, conformément au protocole signé entre Washington, Kinshasa et Lusaka. Il prévoit que Washington soutienne la mise en place d’une chaîne de valeur intégrée pour la production de batteries pour véhicules électriques en RDC et en Zambie.
Les États-Unis ont l’intention de promouvoir cette initiative auprès de leur secteur privé et d’explorer des opportunités d’assistance technique afin de faciliter la participation des entreprises américaines au projet.
En dehors de l’éventuel soutien américain, notons que la RDC compte sur d’autres partenaires pour son projet d’usine de batteries électriques. Il s’agit, entre autres, de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations Unies et d’Afreximbank. Citant en 2023 les résultats préliminaires de l’étude de faisabilité du projet, le ministre congolais de l’Industrie, Julien Paluku Kahongya, a évalué l’investissement nécessaire à 30 milliards de dollars. Ce projet permettrait de « capter d’ici 2035-2040 près de 7 000 milliards de dollars », a-t-il ajouté.