
L’Angola veut éviter toute précipitation dans son projet d’introduction en bourse de la Sonangol
Depuis 2018, le Président Joao Lourenço a fait de la réorganisation de Sonangol et de son projet d’introduction en bourse une priorité. Prévue pour 2022, l’opération a été retardée par le maintien des subventions aux carburants et les défis liés à l’évaluation des actifs pétroliers du pays.
L’Angola poursuit son projet d’introduction en bourse (IPO) de Sonangol, a assuré mardi 25 février, le PDG de la société publique du Pétrole, dans le cadre d’une rencontre sur le développement du secteur pétrolier. Prévue initialement pour être réalisée avant fin 2022, cette opération vise à permettre à l’État angolais de céder 30 % des parts de la compagnie pétrolière, représentant un montant de 6,4 milliards de dollars.
Sebastiao Martins, PDG de Sonangol, a confirmé que les démarches se poursuivent en interne afin de concrétiser cette introduction en bourse. Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’éviter toute précipitation sous la pression extérieure. « Nous prenons les mesures nécessaires, du moins en interne, pour que ce processus commence. Ce que nous ne voulons pas, c’est que des pressions extérieures nous poussent à commettre des erreurs », a-t-il affirmé.
L’IPO s’inscrit dans une stratégie plus large de privatisation d’entreprises publiques angolaises, visant à attirer les investissements étrangers et à pallier l’impact du vieillissement des champs pétroliers du pays.
Parmi les facteurs ayant freiné le processus, le maintien des subventions sur les carburants joue un rôle déterminant. Au deuxième trimestre 2024, le pays a consacré 639 millions de dollars, à ces subventions, un fardeau financier qui complique la mise en œuvre de la privatisation de Sonangol, a expliqué le responsable. Il a souligné que le calendrier final dépendra des décisions gouvernementales à cet égard.
« La grande réalité est que la question des subventions continuera à peser sur le processus de privatisation de Sonangol. Le calendrier de l’introduction en bourse dépendra du gouvernement », a précisé M. Martins.
Malgré ces incertitudes, certains investisseurs, à l’image de la société de capital-investissement Gemcorp Capital, ont manifesté leur intérêt pour l’acquisition de tout ou partie de ces parts. Toutefois, des analystes du marché, comme Robert Besseling de Pangea-Risk, préviennent que l’évaluation de Sonangol doit être appréhendée avec prudence. Le déclin des réserves pétrolières du pays, faute de renouvellement, les coûts de production élevés et les mécanismes opaques de financement de Sonangol constituent autant de risques susceptibles de refroidir les investisseurs, en particulier internationaux.
Dans un contexte où l’économie angolaise repose largement sur l’industrie pétrolière, qui représente un tiers du PIB et environ 90 % des exportations, l’IPO de Sonangol reste un enjeu majeur. Le gouvernement espère que cette opération contribuera à financer des projets de diversification économique et à renforcer la transparence du secteur, tout en rassurant les investisseurs sur la viabilité à long terme de son industrie pétrolière.