
Les prix du cacao passent sous les 8000 $, une première depuis novembre
Après le niveau record atteint en 2024, les prix du cacao sont en baisse depuis le début de cette année. La reprise attendue de l’offre et le recul de la demande en produits dérivés du cacao pèsent sur les cours.
Le vendredi 14 mars dernier, les contrats à terme sur le cacao pour livraison en mai sur le marché ICE ont clôturé à 7867 $ la tonne. Il s’agit de la première fois depuis quatre mois que les prix passent sous la barre des 8000 $, atteignant ainsi leur plus bas niveau depuis le début de l’année 2025.
Cette nouvelle chute des prix sur la place boursière durant la semaine dernière s’explique notamment par l’amélioration de la disponibilité des stocks physiques, notamment au niveau des ports américains.
Après avoir atteint leur plus bas depuis 21 ans en janvier dernier, les stocks de cacao certifiés par l’ICE et détenus dans les ports américains ont rebondi et ont atteint 1,64 million de sacs (1 sac = 65 kg), le 13 mars, soit le volume le plus élevé depuis plus de 3 mois.
A cela s’ajoutent les récentes prévisions optimistes pour la production au niveau du bassin cacaoyer ouest-africain. Jusqu’au 25 mars, des sources relayées par Reuters tablent sur une météorologie favorable notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana et dans certaines zones du sud du Nigéria avec des pluies abondantes et de courtes durées.
Ces différents facteurs s’inscrivent dans un contexte global où le marché mondial de cacao devrait connaître un surplus de 142 000 tonnes en 2024/2025, mettant fin à 3 années consécutives de déficit. Ceci grâce à une hausse de la production mondiale de 7,8 % à 4 millions de tonnes, portée par la reprise de la production au Ghana et en Côte d’Ivoire.
Plus largement, si en 2024 les prix ont pu remonter malgré des chutes similaires et répétées, plusieurs analystes indiquent que les perspectives d’une nouvelle envolée seront plus modérées dans les prochains mois.
Avec la baisse anticipée de la consommation des produits chocolatés, certains estiment que les prix pourraient, dans le meilleur des cas, être portés par d’éventuelles inquiétudes liées à la campagne intermédiaire d’avril à septembre ou, dans le pire des scénarios, poursuivre leur chute si les spéculateurs augmentent leurs positions courtes (paris à la baisse) sur les contrats à terme à l’ICE dans les prochaines semaines.