
OMC Yaoundé 2026 : Le multilatéralisme au bord du gouffre après un duel frontal USA-Chine
L’ouverture de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC au Palais des Congrès de Yaoundé a tenu toutes ses promesses de haute tension. Dès le premier jour, les deux premières puissances économiques mondiales se sont affrontées, plaçant l’organisation face à un risque de rupture sans précédent. Voici le décryptage complet d’une journée historique.
L’avertissement de Ngozi Okonjo-Iweala : « Les pires perturbations depuis 80 ans »
Le décor a été planté par la Directrice Générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, qui n’a pas mâché ses mots : le système commercial mondial vit sa crise la plus profonde. L’attaque en règle venue de Washington a rapidement confirmé ce diagnostic sombre.
1. Le choc frontal : États-Unis vs Chine
C’est le duel que tous les délégués redoutaient, et il a éclaté dès les premières sessions :
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L’offensive américaine : Jamieson Greer, Représentant au Commerce des États-Unis, a fustigé une OMC qui, selon lui, a « cautionné des déséquilibres graves ». Sous l’impulsion de Donald Trump, Washington conteste désormais ouvertement les fondements mêmes de l’organisation.
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La riposte chinoise : Wang Wentao s’est posé en défenseur du multilatéralisme, appelant la communauté internationale à s’opposer fermement à « l’unilatéralisme et au protectionnisme ».
2. Le principe de la « Nation la plus favorisée » (NPF) menacé
Derrière la rhétorique politique se cache le dossier technique le plus explosif. Les États-Unis veulent réviser le dogme de la Nation la plus favorisée (NPF), qui oblige un pays à traiter tous ses partenaires commerciaux de manière égale.
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L’enjeu : Si ce principe tombe, c’est la fin du commerce « sans discrimination », pierre angulaire de l’OMC.
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Les camps : L’Union Européenne se dit prête à discuter d’une « modernisation », tandis que les pays en développement, Cameroun en tête, craignent d’être les grandes victimes d’un commerce « à la carte », dicté par les puissances.
3. Le blocage indien sur le « Plurilatéralisme »
Puisque le consensus à 164 pays est devenu quasi impossible, certains membres veulent avancer par petits groupes via des accords « plurilatéraux ». L’Inde s’y oppose fermement, craignant que cela ne fragilise les droits et la voix des pays qui ne participent pas à ces accords.
4. Yaoundé, bien plus qu’un simple décor pour l’Afrique
Le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, l’a rappelé : l’objectif est d’aboutir à une « feuille de route » claire. Accueillir cet événement en pleine crise du système multilatéral place le Cameroun au centre de la gouvernance mondiale. L’enjeu pour le continent ? Faire en sorte que la réforme de l’OMC intègre réellement les besoins des économies africaines (accès aux marchés, levée des barrières sur l’agriculture).
L’ANALYSE IBA
L’Analyse iBusiness Africa : L’essentiel de ce « Jour 1 » est de comprendre qu’il ne faut pas s’attendre à un grand accord miracle d’ici quatre jours. L’objectif de Yaoundé est de sauver les meubles : éviter l’implosion de l’organisation et tracer un chemin crédible pour une réforme profonde en 2027. Laisser tomber le principe NPF serait une catastrophe pour l’Afrique, car cela donnerait tout le pouvoir de négociation aux puissances unilatérales.

