Guerre au Moyen-Orient : Entre profits records et rationnement pour l’Afrique
L'impact du conflit au Moyen-Orient sur l'économie africaine : analyse des bénéfices pour les producteurs et du calvaire des importateurs face à l'envolée du prix du pétrole.
Face à l’envolée spectaculaire des cours du brut portée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, le continent africain se retrouve dans une position paradoxale. Si les pays exportateurs comme l’Algérie ou le Nigeria engrangent des dividendes imprévus, la majorité des nations du continent subissent de plein fouet l’inflation des prix à la pompe et des risques de pénuries persistantes.
Un choc énergétique aux effets contrastés
Cinq semaines après le début de l’escalade au Moyen-Orient, le baril de brut s’est installé durablement au-dessus des 110 dollars. Cette situation est exacerbée par la fermeture du détroit d’Ormuz, point de passage névralgique pour 20 % des hydrocarbures mondiaux. Pour l’Afrique, cette crise révèle une dépendance structurelle : bien que riche en ressources, le continent importe encore près de 50 % de sa consommation de carburant raffiné.
L’Algérie et le Nigeria : Les bénéficiaires de la crise
L’Algérie se distingue comme le pays le plus résilient. Premier producteur de gaz et quatrième de pétrole du continent, le pays bénéficie d’une autosuffisance énergétique totale. Les revenus des exportations d’hydrocarbures, qui représentent 95 % de ses recettes extérieures, ont bondi de manière significative.
Le Nigeria tire également profit de l’envolée des cours, soutenu par la mise en service de la méga-raffinerie Dangote en 2024. Grâce à l’augmentation de sa production locale, le géant ouest-africain a pu suspendre ses importations d’essence raffinée, limitant ainsi la fuite de ses devises.
Le revers de la médaille : Rationnement et inflation
Cependant, la majorité des pays africains producteurs ne disposent pas de capacités de raffinage suffisantes. Ils réimportent ainsi des produits raffinés à des prix prohibitifs. L’Égypte, par exemple, a dû instaurer des mesures d’urgence : couvre-feu commercial, télétravail dominical et réduction de l’éclairage public pour économiser l’énergie.
En Afrique de l’Est, le Kenya et l’Éthiopie font face à des pénuries localisées. À Addis-Abeba, les conducteurs ont parfois dû patienter plus de 24 heures pour faire le plein. Pour amortir le choc social, de nombreux gouvernements ont été contraints de réintroduire temporairement des subventions sur les carburants, au risque de creuser davantage leurs déficits budgétaires.
Source : France 24 (David Rich)

