
Axe Cotonou-Pékin : Romuald Wadagni accélère le grand chantier béninois
Le plan de Romuald Wadagni : Faire de Cotonou le poumon de l’hinterland
Ancien grand argentier de l’État et pivot des réformes macroéconomiques du pays, le président Romuald Wadagni accélère la mue industrielle nationale. Sa feuille de route est résolument tournée vers l’attractivité des capitaux étrangers et la fortification des infrastructures de transport pour asseoir le leadership béninois sur la façade atlantique.
Cette modernisation accélérée repose sur des chantiers d’ingénierie lourde pilotés avec l’appui technique et financier chinois :
- L’extension et la mise aux normes du port de Cotonou : Pour accroître les cadences de traitement de fret et l’accueil des navires de nouvelle génération.
- Le maillage des corridors routiers du Nord : Une infrastructure critique pour raccorder de manière fluide le littoral béninois aux pays enclavés du Sahel.
- L’attraction des flux de l’AES : S’imposer comme le partenaire de transit incontournable du Niger, du Mali et du Burkina Faso pour leurs débouchés maritimes.
Automobiles contre soja : Une équation commerciale bilatérale
Au-delà du béton et de l’asphalte, la relation sino-béninoise se structure autour d’un commerce bilatéral dynamique. Le marché béninois absorbe une part croissante de technologies, de matériels industriels et de véhicules fabriqués en Chine. En réciprocité, l’Empire du Milieu sécurise ses importations de matières premières agricoles en absorbant massivement le soja béninois, devenu le fer de lance de l’agro-exportation nationale vers les marchés asiatiques.
L’Analyse IBA
L’intensification des relations avec Pékin sous la présidence de Romuald Wadagni traduit une fine compréhension des recompositions géopolitiques en Afrique de l’Ouest. En capitalisant sur l’isolement géographique des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Bénin se positionne comme un pivot logistique neutre et indispensable, transformant la façade maritime de Cotonou en un actif hautement stratégique pour la Chine. Pour le pouvoir béninois, l’enjeu crucial ne réside plus dans la simple captation de financements de BTP, mais bien dans la gouvernance de cette dette infrastructurelle. L’expertise financière reconnue du président Wadagni sera le garde-fou essentiel pour équilibrer la balance commerciale et s’assurer que le hub logistique de Cotonou serve d’accélérateur à l’industrialisation locale, notamment par la transformation sur place du soja et des matières premières avant leur exportation.

