
Pamol Cameroun : la perte nette réduite à 519 millions FCFA
Une trajectoire de redressement malgré un contexte sécuritaire complexe
En cette année 2026, la réduction significative du déficit de Pamol témoigne d’une reprise progressive de ses capacités opérationnelles. Basée dans la région du Sud-Ouest, l’entreprise subit de plein fouet depuis près d’une décennie les répercussions économiques de la crise sécuritaire dans les régions anglophones, qui avait entraîné l’arrêt prolongé de plusieurs sites de production et d’importantes destructions d’actifs.
Ce redressement comptable repose sur la conjonction de plusieurs facteurs structurels et conjoncturels :
- Optimisation de l’appareil productif : La réhabilitation progressive des plantations de palmiers à huile et la relance des usines de transformation locale.
- Soutien institutionnel de l’État : L’impact des plans de restructuration et des injections de fonds publics destinés à stabiliser la trésorerie et à sécuriser les installations.
- Valorisation des cours de l’huile de palme : Un alignement sur une demande locale et sous-régionale soutenue, permettant de maximiser les marges sur les volumes commercialisés.
Le défi de la consolidation et de la rentabilité totale
Si la direction générale de Pamol se félicite de ce résultat, qui éloigne la perspective d’une faillite imminente, le retour à un résultat net bénéficiaire exige la pacification totale de sa zone d’exploitation et la modernisation de ses infrastructures industrielles vieillissantes. L’objectif immédiat reste la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et le retour des ouvriers agricoles dans les parcelles sécurisées.
L’Analyse IBA
La réduction de la perte nette de Pamol à 519 millions de FCFA est un signal fort pour le secteur agro-industriel camerounais et panafricain. Elle démontre que les entreprises publiques opérant dans des zones de conflit peuvent amorcer une trajectoire de résilience économique dès lors que des mesures ciblées de restructuration et d’optimisation industrielle sont déployées. Pour le Cameroun, Pamol représente un pilier stratégique non seulement pour la souveraineté alimentaire en matière d’huiles végétales, mais aussi pour la stabilité socio-économique des régions en crise à travers la création d’emplois ruraux. Toutefois, pour transformer cet essai en rentabilité durable face à la concurrence des producteurs privés locaux et des importations asiatiques, Pamol devra impérativement franchir le cap de la transformation numérique de sa chaîne logistique, nouer des partenariats public-privé (PPP) pour le renouvellement de ses actifs, et capitaliser sur les mécanismes de financement vert pour moderniser ses usines.

