
Sidérurgie au Gabon : Prometal investit 38 milliards FCFA
Un projet d’envergure structuré en deux phases
Placée sous le Haut Patronage du président de la Transition gabonaise, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, la cérémonie de lancement matérialise les ambitions continentales du groupe métallurgique. Le programme d’investissement de PROMETAL Gabon est conçu pour maximiser rapidement la chaîne de valeur locale à travers deux grandes étapes de développement :
- Phase 1 (Transformation de la ferraille) : Aménagement d’une unité de valorisation d’une capacité annuelle de 60 000 tonnes de fer à béton (normes Fe 400 et Fe 500), renforcée par une ligne de production de tubes et de profilés.
- Phase 2 (Capacité globale renforcée) : À terme, le groupe vise une extension industrielle majeure permettant de porter la capacité de production jusqu’à 170 000 tonnes d’acier par an, en s’appuyant à la fois sur le recyclage et sur le traitement des ressources locales.
Retombées économiques et impact social pour le Gabon
L’implantation de ce complexe sidérurgique de pointe constitue une excellente nouvelle pour le marché de l’emploi gabonais. Les prévisions officielles font état de la création de 350 emplois directs et de plus de 1 000 emplois indirects dès la première phase d’exploitation. Au-delà de l’emploi, l’usine va directement soulager la balance commerciale du pays en substituant des produits de fabrication locale « Made in Gabon » aux coûteuses importations de matériaux de construction.
L’accès à une matière première compétitive et de haute qualité va également dynamiser le secteur du bâtiment, des travaux publics (BTP) et des grandes infrastructures logistiques du pays, en pleine phase de relance sous la direction des autorités de la transition.
L’Analyse IBA
L’offensive du camerounais Prometal au Gabon illustre parfaitement la nouvelle dynamique des champions industriels intra-africains. En investissant 38 milliards de FCFA à Nkok, le groupe ne cible pas seulement le marché gabonais, mais déploie un outil de projection géostratégique idéalement positionné pour saturer le marché de la CEMAC et capitaliser sur l’ouverture progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Cette stratégie industrielle de spécialisation – l’aluminium et le cuivre consolidés à Douala, et désormais l’acier lourd développé à Libreville – démontre qu’une intégration régionale réussie repose sur la complémentarité des infrastructures logistiques. Pour le Gabon, cette usine valide la maturité de la ZES de Nkok comme hub de transformation lourde. Le défi crucial restera néanmoins la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de l’usine et la fluidification des corridors transfrontaliers de l’Afrique centrale, encore trop souvent pénalisés par des barrières non tarifaires.

