Cameroun : le bénéfice net de ADC chute de 73 %

Cameroun : le bénéfice net de ADC chute de 73 %

La société publique Aéroports du Cameroun (ADC S.A.) enregistre un net recul de sa rentabilité financière. Le bénéfice net de l’entreprise a subi une baisse drastique de 73 %, consécutive à l’extinction des effets comptables exceptionnels qui avaient été générés par les protocoles d’accord avec la compagnie nationale Camair-Co. Malgré un chiffre d’affaires globalement stable, la hausse des charges opérationnelles pèse lourdement sur l’exercice.

Le contrecoup de la normalisation des relations avec Camair-Co

La performance financière historique observée lors des précédents exercices comptables résultait en grande partie de mécanismes exceptionnels d’apurement de créances et de régularisations croisées avec la compagnie aérienne nationale Camair-Co. La fin de cet effet de levier artificiel ramène les indicateurs de rentabilité d’ADC à leur niveau structurel courant.

Les indicateurs clés de la période sous revue mettent en exergue les dynamiques suivantes :

  • Chiffre d’affaires résilient : Une légère progression de 0,49 % du chiffre d’affaires, démontrant le maintien de l’activité commerciale globale sur les plateformes aéroportuaires du pays.
  • Rétrécissement du bénéfice net : Une contraction brutale de 73 % du résultat net, attribuable à la disparition des produits non récurrents liés aux accords passés.
  • Pression sur la rentabilité opérationnelle : Une hausse significative de la masse salariale combinée à un renforcement des dotations aux amortissements et aux provisions, impactant directement le résultat d’exploitation.

Des investissements d’envergure pour préparer l’avenir

En dépit de ce repli technique de sa rentabilité, ADC maintient le cap de sa stratégie de modernisation en 2026. L’entreprise s’appuie notamment sur une convention de prêt majeure signée avec l’Agence Française de Développement (AFD) à hauteur de 38,3 milliards de FCFA. Ce financement est destiné à la réhabilitation globale des infrastructures de l’aéroport international de Douala, un projet structurant dont le coût total est évalué à près de 95 milliards de FCFA.

Parallèlement, la direction générale affiche ses ambitions de diversification et de consolidation avec des projections visant plus de 40,5 milliards de FCFA de revenus, tout en préparant activement le terrain pour une future introduction en bourse.


L’Analyse IBA

La chute du bénéfice net d’ADC met en lumière la fragilité des performances financières des entreprises publiques africaines lorsqu’elles dépendent de jeux d’écritures ou de subventions croisées inter-États. La fin de « l’effet Camair-Co » agit ici comme un révélateur de vérité économique : l’activité aéroportuaire camerounaise doit impérativement trouver ses propres relais de croissance en dehors du giron de la compagnie nationale, elle-même en restructuration chronique (perte nette de 4,6 milliards de FCFA). Pour l’Afrique Centrale, l’enjeu réside désormais dans la capacité d’ADC à concrétiser sa transition vers les marchés de capitaux à travers son projet d’entrée en bourse. Cela exigera une discipline budgétaire stricte et une optimisation fine des redevances aéronautiques et extra-aéronautiques. La modernisation de la plateforme de Douala sera le véritable test de crédibilité pour attirer les investisseurs régionaux et internationaux.

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