
Iran : péage forcé au détroit d’Ormuz et mécanisme de contrôle
Un « péage numérique » sous contrôle des Gardiens de la Révolution
Ce qui n’était qu’une menace est devenu une réalité administrative. Selon des sources parlementaires iraniennes et des rapports de Lloyd’s List, l’Iran a instauré un protocole de passage contraignant. Chaque navire doit désormais soumettre une « Vessel Information Declaration » comprenant plus de 40 points de contrôle (propriété, cargaison, nationalité de l’équipage) via l’adresse officielle de la PGSA.
Le coût du passage, bien que non officialisé dans une grille tarifaire publique, atteindrait des sommes astronomiques. Certains opérateurs auraient déjà déboursé jusqu’à 2 millions de dollars par navire pour obtenir le précieux « feu vert » des autorités maritimes iraniennes. Ce mécanisme est directement supervisé par le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (IRGC).
Un dilemme juridique et financier pour les armateurs
L’instauration de ces frais de passage pose un problème majeur au droit international :
- Financement du terrorisme : Les juristes internationaux avertissent que payer ces taxes à l’IRGC (sous sanctions américaines et européennes) pourrait être qualifié de financement du terrorisme.
- Liberté de navigation : Le détroit étant une voie navigable internationale, ce péage viole les principes de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS).
- Routage complexe : Plus de 1 500 navires seraient actuellement en attente d’autorisation ou en cours de déroutement pour éviter cette zone de haute tension.
L’Analyse IBA
L’instauration de ce péage à Ormuz crée un précédent dangereux pour les routes commerciales africaines. Si ce modèle de « monétisation de chokepoint » est validé par le silence ou la coopération de certaines puissances (comme la Chine qui semble obtenir des exemptions), d’autres nations riveraines de passages stratégiques, notamment autour de la Corne de l’Afrique (Bab-el-Mandeb), pourraient être tentées par une approche similaire. Pour les économies africaines, le coût est double : une augmentation immédiate du prix des produits importés et un risque de voir leurs propres navires marchands saisis ou sanctionnés en cas de paiement forcé à Téhéran. IBA anticipe que ce « péage de guerre » obligera les États africains à accélérer la diversification de leurs partenaires énergétiques pour réduire leur dépendance aux flux transitant par le Golfe Persique.

