
Économie du Cameroun : la feuille de route 2027-2029 dévoilée
Cap sur la soutenabilité de la dette et la rigueur budgétaire
Face aux chocs endogènes et exogènes qui pèsent sur l’espace CEMAC, Yaoundé choisit la carte de la discipline financière pour les trois prochaines années. La nouvelle feuille de route fixe des objectifs clairs pour stabiliser les indicateurs macroéconomiques et garantir la viabilité de la trajectoire budgétaire du pays.
Les principaux piliers de cette stratégie de gestion de la dette comprennent :
- Coopération renforcée avec le FMI : Poursuite des réformes structurelles dans le cadre des programmes d’ajustement pour débloquer des financements concessionnels et rassurer les marchés internationaux.
- Profilage de la dette extérieure : Priorité accordée aux emprunts à longs remboursements et à taux réduits, tout en limitant strictement les dettes commerciales non concessionnelles.
- Optimisation des recettes internes : Élargissement de l’assiette fiscale grâce à la numérisation des administrations financières (douanes et impôts) afin de réduire la dépendance aux financements extérieurs.
Le recours accru aux PPP comme moteur de croissance
Pour maintenir le cap de la Stratégie Nationale de Développement (SND30) malgré les contraintes budgétaires, le Cameroun mise désormais de manière agressive sur les Partenariats Public-Privé (PPP). Ce mécanisme sera la clé de voûte du financement des infrastructures critiques, notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports routiers et transfrontaliers, et de la logistique portuaire.
Le gouvernement prévoit d’alléger les cadres réglementaires pour attirer les investisseurs nationaux et internationaux, tout en mettant en place un comité de veille pour évaluer et contenir les risques financiers contingents liés à ces contrats de long terme.
L’Analyse IBA
Le triptyque Dette-FMI-PPP affiché par le Cameroun pour la période 2027-2029 traduit une maturité certaine en matière d’intelligence économique, mais aussi une contrainte de réalisme. En zone CEMAC, le Cameroun fait figure de locomotive ; sa stabilité est cruciale pour toute la sous-région. L’arbitrage de Yaoundé consiste à rassurer les bailleurs de fonds traditionnels comme le FMI par une orthodoxie budgétaire stricte, tout en externalisant le coût du développement des infrastructures vers le secteur privé via les PPP. Le grand défi de cette feuille de route résidera dans la capacité de l’État à négocier des contrats de PPP équilibrés et à accélérer la gouvernance des affaires. Pour les investisseurs régionaux et internationaux, le Cameroun envoie un signal fort : le pays formalise ses besoins et sécurise son cadre macroéconomique, ouvrant ainsi de réelles fenêtres d’opportunités dans les secteurs porteurs de l’énergie et de la logistique en Afrique Centrale.

